Cinq livres à lire pour se plonger dans le passé

©Free-Photos, pixabay

Penser au passé, c’est essayer de se mettre à la place des milliards de gens qui nous ont précédé sur terre et dont les paroles, les actions, les passions et les haines ont construit notre présent. Ce voyage temporel fascinant, est possible grâce à l’écriture et la littérature qui nous ouvre une fenêtre sur la vie de nos ancêtres et sur leurs moeurs, et qui demeure bien souvent l’unique témoignage restant des vies aujourd’hui disparues et des habitudes d’une société à un moment donné.

Si tous les livres que je vais vous proposer ne sont pas nécessairement historiques stricto sensu (après tout, jamais aucun dragon cracheur de feu ne vola au dessus de l’Europe), ils tirent leur inspiration des turpitudes du passé, les étudient, les narrent ou en sont les derniers témoins.

Le Trône de fer de Georges R.R. Martin (titre original : A song of ice and fire)

Le premier tome de cette saga américaine est paru en 1996. Si elle est aujourd’hui mondialement connue, c’est en raison du succès important rencontré par son adaptation, la série télévisée Game of thrones, diffusée entre 2011 et 2019. Pendant les premières saisons, cette dernière suivait scrupuleusement les livres et ses personnages étaient incarnés brillamment par des acteurs de talent. Cependant, Georges R.R. Martin n’a pas encore achevé son œuvre : il est actuellement en train de rédiger les deux derniers volets de cette saga vieille de 24 ans. Par conséquent, les réalisateurs de la série ont été contraints de la terminer sans connaître la fin de la saga littéraire. Les deux dernières saisons se sont donc avérées très différentes des précédentes sur le plan scénaristique, privilégiant le spectaculaire et le sensationnel aux dialogues subtils et aux intrigues savamment menées qui caractérisaient jusqu’alors l’esprit du Trône de Fer. Ayant moi-même été laissée insatisfaite par la fin de la série et préférant souvent les ouvrages littéraires à leur adaptation télévisée ou cinématographique, j’ai décidé de me plonger dans la lecture des livres de Georges R.R Martin.

Premier constat, c’est une œuvre brillante au vocabulaire extrêmement riche qui nous plonge dans une histoire si captivante qu’il est souvent difficile d’interrompre notre lecture. Les livres sont denses et le nombre de pages très élevé (plus de 1000 pages par « intégrale », qui sont au nombre de cinq) et si l’épaisseur des ouvrages peut en rebuter certains, je vous assure que la longueur prolonge au contraire le plaisir. Comment ne pas attendre alors avec impatience la sortie des prochains tomes ?

On peut ressentir de la frustration au fil de la lecture puisque chaque chapitre se concentre sur le point de vue d’un personnage différent. Ainsi, lorsque qu’une intrigue est particulièrement fascinante, il faut souvent attendre plusieurs chapitres avant d’en connaître le dénouement. Pour ceux qui n’ont pas vu la série et ne connaissent pas le Trône de Fer, l’histoire se déroule dans un univers médiéval-fantasy tourmenté où les saisons durent plusieurs années et les grandes familles nobles se disputent le pouvoir, et en particulier celui du Trône de fer qui permet de régner sur Westeros, le royaume des Sept couronnes. Entre combats sanglants, assassinats, complots politiques, périples et aventures, vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer.

Les Rois maudits de Maurice Druon

Les Rois Maudits est une saga romanesque historique construite en sept tomes et publiée entre 1955 et 1977 par Maurice Druon, une grande figure de la Résistance. La lire m’a permis de découvrir une période de l’Histoire de France passionnante que je n’avais abordée jusque là que très brièvement en cours d’histoire. Je n’avais tiré de cette approche de surface que des notions superficielles. La lecture de cette saga a été pour moi le meilleur moyen de connaître les nombreux enjeux du système monarchique à l’époque médiévale. Pour preuve, j’ai lu ces livres il y a environ quatre ans et je me souviens encore de nombreux détails avec précision.

Le récit retrace l’histoire de la dynastie des Capétiens autour de la légende selon laquelle ces rois auraient été maudits sur treize générations. Cette malédiction aurait été prononcée par Jacques de Molay, le grand maître de l’Ordre du temple au moment où il se trouvait sur le bucher sur lequel le roi Philippe le Bel l’avait condamné à périr. L’histoire est très prenante et celle du comte Robert d’Artois, personnage préféré de l’auteur, m’a particulièrement plu. Le comte est prêt à n’importe quelle infamie pour réclamer ses terres contre sa tante Mahaut, toute aussi vile.

Selon les éditeurs, cette saga aurait inspiré Georges R.R. Martin dans la rédaction du Trône de Fer, et notamment les nombreuses manœuvres politiques des différents personnages. Ainsi à la sortie de la série Game of Thrones, les Rois maudits ont été souvent cités par médias et c’est ce regain de popularité, en plus de mon penchant pour les romans historiques, qui m’a amenée à les lire.

Marie-Antoinette l’insoumise de Simone Bertière 

En tant que fan inconditionnelle du château de Versailles et de l’histoire de ceux qui l’ont habité, je me suis tout naturellement tournée vers cette biographie de Marie-Antoinette. J’ai lu la biographie écrite par Stefan Zweig il y a plusieurs années déjà et je l’avais beaucoup appréciée. J’ai particulièrement aimé le parti pris de l’auteur qui cherchait à saisir la personnalité de Marie-Antoinette et ses émotions dans chaque moment de sa vie en s’appuyant sur des sources historiques. Celles-ci étaient majoritairement des lettres, mais aussi des documents officiels. De cette manière, la biographie prenait une tournure romancée tout en restant assez sérieuse sur le plan historique, ce qui la rend très agréable à lire. Cependant, la biographie de Stefan Zweig date de 1933 et celle-ci n’inclut pas les archives découvertes après cette date et contient donc quelques inexactitudes.

C’est pourquoi j’ai décidé de commencer une autre biographie de Marie-Antoinette. J’ai choisi celle de Simone Bertière, une enseignante agrégée de lettres classiques. Cette biographie intitulée Marie-Antoinette l’insoumise a été publiée en 2003. Il s’agit du quatrième et dernier tome d’une saga intitulée Les reines de France au temps des Bourbons. J’ai commencé ce livre il y a quelques jours, je ne l’ai pas donc encore terminé, mais je tenais tout de même à vous le suggérer. L’auteur s’appuie sur les archives historiques sans tomber dans la surinterprétation et réussit tout de même à donner une forme romancée à son récit. Ainsi, sans s’éloigner de la méthode de l’ouvrage universitaire, Simone Bertière confère à cette biographie une force littéraire indéniable.

Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë (Titre original : Wuthering Heights) 

Nous quittons désormais les ères médiévale et moderne pour nous plonger dans le XIXe siècle de la société anglaise.

J’ai lu Les Hauts de Hurlevent quand j’étais encore au lycée, il y a donc un certain temps. Ma professeure d’anglais nous avait fait étudier un extrait en classe et nous avions écouté la chanson de Kate Bush. Ces mises en bouche avaient toutes deux suscité mon intérêt car je n’avais jusqu’alors jamais entendu parler de cet ouvrage. Je l’ai donc acheté et commencé peu de temps après. Il m’a vraiment passionnée, si bien que je l’ai lu plusieurs fois. C’est une œuvre touchante et très sombre, à l’image de la vie de son auteure Emily Brontë, décédée à l’âge de trente ans de la tuberculose. Il s’agit d’ailleurs de son seul ouvrage.

Publié en 1847, il est considéré comme un grand classique de la littérature anglaise qui marque encore les esprits, dont le mien. Il s’agit d’une histoire d’amour tragique entre Catherine Earnshaw, une fille appartenant à une famille anglaise aisée et Heathcliff, un homme d’une nature mauvaise adopté lorsqu’il était enfant par le père de Catherine alors qu’il errait seul dans les rues de Liverpool. Ce qui m’a particulièrement plu dans ce livre est la profondeur psychologique des personnages et les liens qui les unissent malgré leur noirceur. J’ai également apprécié le contexte historique dans lequel sa trame se déroule, celui de l’Angleterre de la première moitié du XIXe siècle ainsi que le décor, celui d’une demeure située sur des hauteurs dans la lande anglaise.

Jane Eyre de Charlotte Brontë 

Ce livre a été publié en 1847 par Charlotte Brontë, soit la même année que celui de sa sœur Emily dont nous avions parlé précédemment. J’ai justement été amenée à lire ce livre parce que j’avais lu les Hauts de Hurlevent et je souhaitais retrouver un plaisir de lecture semblable à celui que j’avais éprouvé, en supposant que les sources d’inspiration des deux sœurs pouvaient être assez proches. Je n’ai absolument pas été déçue et il fait aujourd’hui partie de mes livres préférés.

À la différence des Hauts de Hurlevent, Jane Eyre n’est pas sombre et tandis que les personnages du premier ne quittaient quasiment pas les limites de leur demeure, l’héroïne du deuxième évolue dans des lieux variés. Le récit nous plonge dans la société de la première moitié du XIXe siècle et nous réserve de nombreuses surprises. Raconter l’histoire de Jane révèlerait beaucoup de l’intrigue et pourrait vous gâcher le plaisir de la découvrir tout comme je l’ai fait. Je vais donc seulement vous annoncer qu’il s’agit de l’histoire d’une orpheline.

Et vous, quels sont vos romans historiques préférés ?

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