Exposition : Pompéi au Grand Palais, entre tragédie humaine et réalité augmentée

Ensevelie prématurément sous un sarcophage de cendres il y a deux millénaires, Pompéi ne semble pas près de révéler ses ultimes secrets. Berceau de l’archéologie européenne, des fouilles qui y ont été réalisées de 2017 et 2018 dans l’« allée des balcons » sur une superficie de 2000 mètres carrés ont mis à jour deux maisons étonnantes : la Maison d’Orion, ou « Maison de Jupiter », et la Maison au Jardin.

Du 1er juillet au 27 septembre 2020, le Grand Palais met à l’honneur ce nouvel aperçu de Pompéi. Centrée autour des découvertes récentes, l’exposition offre une expérience immersive émouvante, à travers la reconstitution de la vie animée des rues de la cité jusqu’à l’explosion fatale du Mont Vésuve en 79 après Jésus Christ.

Les nouvelles technologies au service de l’expérience du visiteur

« L’évolution des technologies numériques est en train de transformer la relation entre le public et les musées » constate le professeur Massimo Osanna, commissaire de l’exposition. En effet, la technologie semble prendre une part de plus en plus prégnante dans l’expérience faite et attendue du musée. Les institutions culturelles sont contraintes mais aussi désireuses de s’adapter à une société de divertissements compétitive où le visiteur attend sans cesse plus de stimulations.

C’est le parti pris du Grand Palais : la cité antique est astucieusement ramenée à la vie au moyen de projections multimédias et virtuelles de haute résolution. Le visiteur est invité à se promener dans une rue de Pompéi, entre un amphithéâtre, une place et un domus, où l’on peut apercevoir les silhouettes de ceux qui y ont vécu – et pour certains trouvé la mort. Au détour de l’allée, on découvre la maison au jardin et on aperçoit des fresques aux motifs mythologiques chatoyants, comme Léda et le Cygne ou la Vénus sur son char. Toutes les dix minutes, la visite est interrompue par un grondement sourd, et sous les yeux des visiteurs curieux le Vésuve entre en éruption et couvre les bâtiments de cendres puis de pierre volcanique: une expérience étrange et hors du temps.

Une exposition inaboutie ?

Si l’apport du virtuel semble être une valeur ajoutée indéniable, le parcours est trop court – une seule salle – et les objets matériels d’exposition rares. À se plonger trop pleinement dans l’univers de la reconstitution historique numérique, la démonstration paraît superficielle et intangible. L’exposition montre pourtant sa volonté de replacer l’humain au centre de ce drame historique, comme le rappellent les moulages du corps des victimes recroquevillées, sans jamais toutefois parvenir à ses fins.

Illustration : © Parc archéologique de Pompéi / Grand Palais

Dossier pédagogique de l’exposition

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